C’est un mot que l’on invoque souvent, mais dont certain en mesure mal l’exigence.

L’indépendance de l’expert ne se limite pas à une simple déclaration en début de mission ; c’est une ligne de conduite, une construction quotidienne qui se tient, même quand le temps est à l’orage.

L’expert évolue dans un environnement complexe ou s’entrecroisent les parties, leurs conseils mais aussi leurs attentes et de plus en plus les tensions. Et, de temps en temps, un pression médiatique peut s’inviter jusque dans les dossiers que l’on ne croyait que techniques.

Dans ce contexte, l’indépendance n’est jamais acquise, elle se travaille, elle demande du courage pour résister aux influences extérieures et beaucoup de maitrise pour éviter ses propres biais.

Il faut garder le cap, même quand la tempête pousse à s’en écarter.

L’expert n’est en aucun cas juge, il contribue à une répondre à des missions qui exigent de la rigueur : produire une analyse libre, fondée, et pleinement assumée pour éclairer la justice.

À cet égard, le rappel de Simone Rozès, dont on fête les 106 ans cette année, conserve toute sa force : l’indépendance n’est pas un privilège, mais une exigence au service de ceux pour lesquels la décision est rendue.

L’expert, à son modeste niveau, en porte une part.

Et dans le cadre de la justice, cette indépendance devient essentielle. Elle assure que chaque voix est entendue, chaque fait est scruté, et chaque décision repose sur des éléments factuels, des éléments établis.

Comme le suggérait Madiba (j’ai habité pendant près de 3 ans dans “son” pays …) :

« Il n’y a rien de tel que la liberté sans indépendance. »

Une phrase simple : mais, en expertise, elle devient notre mantra.

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