Un mot discret. Presque à contre-courant de ce que l’on attend parfois de l’expert… Et pourtant…
L’humilité, c’est d’abord savoir dire non, savoir refuser une mission qui dépasse ses compétences, ses spécialités. C’est aussi savoir s’entourer. Faire appel à un sapiteur lorsque la question posée excède ponctuellement son champ d’intervention.
C’est également accepter de ne pas tout savoir, mais c’est aussi accepter de changer d’avis.
Au fil des opérations, des pièces versées au dossier, des réunions d’expertises, des dires, une analyse peut évoluer. L’important n’est pas de rester figé. L’important est d’expliquer, de justifier, de rester cohérent.
L’humilité, c’est encore poser des questions, c’est chercher à comprendre, y compris les motivations des parties, au-delà des positions affichées.
Car l’expert n’est pas là pour avoir raison, il est là pour comprendre… puis, in fine, éclairer la juridiction qui nous a chargé de la mission d’expertise.
Comme le rappelait Socrate : “Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien. »
Et bien, non, cette phase n’est pas de Jean GABIN comme tendrait à le croire les plus anciens d’entre nous ¯\_(ツ)_/¯
La formule est connue, mais elle reste, pourtant, d’une exigence redoutable.
Nota : A l’adresse de ceux que le masochisme moral de la notion d’humilité choquerait, nous pouvons aussi parler de “modestie”, qui consiste à faire de soi autant de cas qu’il ne faut, ni plus ni moins : car le métier exige aussi une certaine fierté, une certaine dignité. La modestie est une vertu de juste milieu, comme le dirait Aristote, entre l’excès positif (orgueil et vanité) et l’excès négatif (humilité).





