L’envie, un vrai moteur … mais gare aux sorties de route … 

Cette envie nous pousse à avancer, à partager, à nous engager, que ce soit pour la justice ou, comme moi, au sein d’une compagnie d’experts.

Mais attention, l’envie peut aussi prendre une autre tournure, elle peut aussi se transformer en un simple désir de reconnaissance, de visibilité.

Certains sont prêts à tout pour avoir un nom sur une carte de visite, avec leurs titres, leurs fonctions, et pourquoi pas « expert de justice » ?

D’autres vont même jusqu’à imaginer, voire préparer leur faire-part mortuaire, en ne laissant que quelques lignes pour la famille et les proches.

Rien de mal à avoir « expert de justice » sur sa carte de visite, tant que ça ne devient pas une obsession.

L’expertise, ce n’est pas juste une appellation, ça ne tient pas dans une ligne imprimée. ça se construit bien sûr dans les dossiers, dans le débat, dans l’exigence, souvent silencieuse, du travail bien fait.

Quant à la présidence d’une compagnie d’experts que je quitte dans quelques semaines, elle implique se mettre au service, à l’écoute des adhérents, à l’organisation d’évènements, à la rencontre avec présidents et procureurs, supporter les personnes en difficulté, aider les nouveaux inscrits… en fait cela demande du temps, beaucoup de temps, du temps pris sur le reste qui ne diminue pas pour autant.

L’envie, c’est donc un bon point de départ, mais il ne faut pas que ça devienne une fin en soi.

Et si c’est le cas, cette envie passe d’une aspiration légitime à un faire-valoir, une illusion de statut.

Comme il est écrit dans l’Évangile selon Matthieu, 6:21 :

« Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. »

Une phrase simple, mais qui pose la vraie question : où place-t-on vraiment le sens, voire le bon sens, de ce qu’on fait ?

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