L’adaptation n’est pas un choix. C’est une nécessité absolue, dans un monde et un environnement en perpétuelle évolution.

Il y a 140 ans, ce sont les machines et les usines qui ont bouleversé le travail. Il y a 70 ans, l’évolution des systèmes dans l’agriculture. Il y a 35 ans, les ordinateurs personnels qui se sont mis à entrer partout. Il y a 20 ans, les réseaux sociaux. Et depuis sept à dix ans, la démocratisation à marche forcée de l’Intelligence artificielle.

Ne pas s’adapter, c’est mourir. Ou, tout du moins, être exclu du monde des hommes, des hommes vivants s’entend.

S’adapter, quel que soit son âge, c’est rester attentif aux évolutions. Lire, essayer, échouer, et essayer encore. C’est ce qui permet à tous ceux qui veulent accompagner ces évolutions de rester dans le coup.

C’est, qui plus est, une route tortueuse. Rater un virage, c’est souvent être exclu de la course.

Quatre exemples, parmi d’autres, ont jalonné mon propre parcours.

À Séoul, une négociation internationale pour régler une réclamation majeure, avec l’obligation de trouver une solution de recyclage vers un autre usage.

À Desvres, la direction d’un site industriel confiée sans préparation, avec deux ans pour en assurer la continuité. Dix-huit ans plus tard, le site est toujours là.

À Johannesburg, une direction industrielle à l’autre bout du monde, des usages et des coutumes à découvrir avant de pouvoir espérer y changer quoi que ce soit.

À la CECAD, une présidence jamais recherchée, jamais préparée, confiée par des administrateurs, et quatre années à tenter et réussir à faire évoluer une culture et une dimension associative.

Changer de métier en moyenne tous les trois ans, tout au long d’une carrière, conduit naturellement à une forme d’adaptabilité.

C’est mon épouse qui m’a poussé à candidater, en 2004, à l’inscription sur la liste des experts près la Cour d’Appel de Douai, pour voir au-delà, pour voir après les 38 ans d’activité dans l’industrie.

Travailler pour les tribunaux judiciaires et les tribunaux de commerce, c’est justement cela : une adaptation de tous les instants. Chaque dossier change de domaine, change de dimension, change d’enjeux, chaque affaire impose très souvent d’apprendre vite ce qu’on ignorait la veille.

Ce n’est pas une vocation. C’est une opportunité, saisie chaque fois qu’elle s’est présentée.

« Ce n’est pas l’espèce la plus forte qui survit, ni la plus intelligente, mais celle qui s’adapte le mieux au changement. »
Citation faussement attribuée à Darwin

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