Le sournois n’agit jamais à visage découvert. Il avance masqué, par en dessous, et compte souvent sur le silence, l’allusion ou le doute pour parvenir à ses fins.

Dans les associations, comme ailleurs, certains cherchent parfois à peser sur les équilibres autrement que par le débat. Les uns tentent de jouer sur les élections à venir pour favoriser la mise en place d’un nouveau bureau. Les autres cherchent à mettre à mal l’image de l’association en s’en prenant à ses moyens de communication, à son site Internet par exemple.

En tant que président de la CECAD, j’ai toujours été ouvert aux propositions du bureau et à l’écoute des adhérents. J’ai toujours accepté le désaccord et la contradiction. En revanche, j’ai toujours considéré que contester une proposition était d’autant plus utile que cette contestation s’accompagnait d’une contre-proposition formalisée.

J’ai également toujours combattu les tentatives d’influence extérieure en les mettant au jour et en assumant moi-même les conséquences éventuelles. Car une influence cesse souvent d’être efficace dès lors qu’elle est connue de tous.

Le sournois dans l’expertise

Le sournois se retrouve aussi dans les expertises.

Une partie tente parfois de jouer des réseaux, de quelque nature qu’ils soient : réseau d’anciens élèves, collectivité locale, syndicat professionnel, relations professionnelles ou réseaux sociaux. L’objectif est toujours à peu près le même : essayer d’influencer, directement ou indirectement, le cours des choses.

Là encore, il ne faut pas occulter ces manœuvres. Il faut les affronter par la raison, par l’explication et surtout par les faits.

Cela m’est déjà arrivé. J’ai alors combattu ces actions de la façon la plus ferme possible. J’ai monté un dossier, rassemblé les éléments dont je disposais et je m’en suis ouvert au juge chargé du contrôle des expertises.

C’est, à mon sens, la seule réponse possible. L’expert ne répond pas à une influence par une autre influence. Il constate, documente et porte les faits à la connaissance de celui qui doit en être informé.

Il y a enfin le sournois dans le cercle proche.

Celui qui distille une allusion, oppose les uns aux autres, sollicite une faveur ou cherche un appui sans jamais exprimer clairement son véritable objectif. Il peut chercher à nuire pour s’attirer les faveurs d’un autre, obtenir une aide, une intervention ou telle ou telle autorisation.

Là encore, ce n’est pas l’allusion qu’il faut combattre, mais comprendre ce qu’elle cherche à produire.

Il faut alors rester serein et analyser les raisons qui motivent ces actions, mais également les conséquences et les risques qui pourraient naître si une suite positive était donnée à certaines demandes.

Rester lucide est probablement la réponse la plus efficace à toute forme de sournoiserie.

Trois terrains différents : une association, une expertise, un cercle proche. Et toujours le même réflexe : ne rien occulter, mettre les faits au jour et répondre par la raison plutôt que par une sournoiserie qui ressemblerait à celle que l’on dénonce.

Car le meilleur adversaire du sournois n’est peut-être pas celui qui l’affronte, mais celui qui l’oblige à agir à visage découvert.

« Mieux vaut encore ne pas avoir l’air d’avoir l’air que d’avoir l’air de ne pas avoir l’air. »
Pierre Dac

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