Dans nos missions d’expertise judiciaire, le temps est donc loin d’être neutre. En pratique, il devient souvent l’allié du plus solide, du plus riche… donc du plus puissant.
Car tenir dans la durée a un coût, un coût financier, bien sûr, mais aussi un coût en énergie psychique. Et ce n’est pas toujours la victime, ni même le demandeur, qui est le plus endurant.
Le déséquilibre se crée là.
Il ne faut pas oublier non plus que l’expertise ne tranche pas le litige. Elle éclaire. Ensuite, il faut assigner, repartir dans un nouveau débat, parfois dans une nouvelle expertise, puis éventuellement les voies de recours…
Pendant ce temps, les coûts s’accumulent, pour les parties, mais aussi pour ceux qui interviennent au dossier.
C’est sans doute ce qui explique le recours croissant à la médiation : un cadre plus rapide, plus lisible, avec un budget mieux maîtrisé.
Comme le rappelait Jean de La Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir. »
La formule est ancienne mais, dans sa vérité réaliste, elle reste pourtant d’une actualité troublante.
Une fois encore, je remercie Philippe CHOULET, philosophe, pour sa relecture attentive. Compagnie des Experts près la Cour d’Appel de Douai Cour d’appel de Douai Ordre des Avocats au Barreau de LILLE Barreau de Paris (Ordre des avocats de Paris) Ministère de la Justice




